Entretien exclusif avec le cardinal Zen

Rédigé par Propos recueillis par Stephen de Petiville le dans Religion

Entretien exclusif avec le cardinal Zen

La Chine est le pays de tous les paradoxes. Si le capitalisme (principalement étatique mais pas seulement) s’y développe, tout cela se marie avec le maintien d’un matraquage idéologique de type communiste. À cet égard, la Chine est peut-être la preuve que libéralisme et communisme sont finalement deux frères jumeaux qui communient au même matérialisme. La situation de l’Église en Chine est là pour nous rappeler que le communisme garde cette empreinte totalitaire qui fut celle de l’Union soviétique. Pour évoquer cette situation, nous avons interrogé le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong. Originaire de Shangaï, il gagne Hong Kong en 1948 pour rejoindre le noviciat salésien. Ordonné prêtre en 1961, il est sacré évêque en 1996. Il est élevé au cardinalat par Benoît XVI en 2006. Le cardinal Zen est un observateur attentif et engagé de la situation de l’Église en Chine et à Hong Kong.

 

On entend dire que les relations entre la Chine et le Saint-Siège se réchauffent. Le Secrétaire d’État, le cardinal Parolin, estime que les relations avec la Chine prennent un tour prometteur. Qu’en pensez-vous ?

C’était une vraie surprise pour nous d’apprendre que Pékin veut renouer avec Rome. Même étonnement d’apprendre que les perspectives soient considérées comme très prometteuses du côté du Vatican. Peut-être y a-t-il quelque secret que nous ne connaissons pas. À regarder les choses de plus près, il n’y a aucune raison pour être optimiste. Le gouvernement chinois reste totalitaire et la liberté religieuse n’existe pas. Récemment ils ont retiré la croix de nombreuses églises et ils en ont démoli d’autres. Deux évêques sont encore en prison. On dit que l’un d’entre eux est mort mais les nouvelles sont tellement contradictoires qu’on ne sait plus rien. Un jour il a été annoncé aux parents qu’il était mort. Puis comme la famille s’inquiétait de récupérer son corps, on lui a dit que celui qui avait lancé la nouvelle était ivre. Ensuite il y eut des rumeurs que le gouvernement avait donné de l’argent à la famille pour qu’elle reste calme mais la rumeur a ensuite été réfutée. Les choses sont loin d’être idylliques comme vous le voyez.

Xi JinpingQui donc a enclenché cette ivresse d’optimisme ? Ce sont les journaux communistes de Hong Kong qui ont lancé l’affaire. En Chine tout est politique. Et politique rime avec lutte de pouvoir. Tout le monde sait qu’aujourd’hui il y a une lutte au sommet entre Xi Jinping et Jiang Zemin (1). Xi Jinping est le champion de la lutte anti-corruption mais il faut savoir que cette bannière n’est peut-être qu’un moyen pour éliminer ses ennemis. Et l’élimination des gros tigres permettra à de nouveaux tigres de grandir. Il n’est pas sûr que Xi Jinping puisse gagner. Car Jiang Zemin est très puissant. Qui sont ces gens qui veulent parler au Vatican ? Sont-ils de la faction de Xi Jinping ou appartiennent-ils à celle de Jiang Zemin ? S’ils sont du clan de Xi Jinping, peut-être y a-t-il quelque espoir. S’ils sont du clan adverse, il n’y en a pas. À Hong Kong, le pouvoir communiste est sous l’influence de Jiang Zemin. La chaîne de télévision Phoenix TV a récemment interviewé le Père Lombardi et c’est à cette occasion que le Vatican a révélé son enthousiasme pour le réchauffement des relations entre la Chine et le Saint-Siège. Comment peuvent-ils être aussi enthousiastes ? Nous ne voyons aucune raison à cette euphorie. Ils ne comprennent pas et ne veulent pas nous écouter. Je suis très inquiet. Beaucoup de gens ne peuvent rien dire. Moi je suis cardinal et ma voix porte. Alors je n’ai pas peur. Peut-être est-ce la voix qui crie dans le désert mais je dois dire ce que j’ai à dire.

Je ne dis pas qu’il faut refuser le dialogue : le dialogue est nécessaire. Mais on peut s’interroger sur la bonne volonté du gouvernement chinois. C’est en commençant à dialoguer, qu’on verra s’ils sont de bonne volonté. Mais en attendant il faut rester ferme. Ce n’est pas à nous de changer, c’est à eux. Ces dernières années, l’Église a suivi une stratégie beaucoup trop timide faite de peur et de volonté de composer. Le gouvernement en profite. Les choses se sont dégradées dans les années 2000. Jusqu’en 2001, la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples est présidée par le cardinal Tomko. Il venait de Tchécoslovaquie et connaissait très bien le communisme. Quand il prit sa retraite en 2001, arriva le cardinal Sepe. Sepe n’avait aucune connaissance ni de la Chine ni du communisme. Rien ne s’est passé pendant cette période. Puis vint le pape Benoît XVI. Benoît XVI est un pape merveilleux mais le personnel qu’il a choisi ne lui fut d’aucune aide. Beaucoup de bonnes choses qu’il a encouragées ont été gâchées car on ne le suivait pas. À la fin de son pontificat, il changea finalement son personnel. C’est à cette époque qu’est apparu ce projet d’accord avec le gouvernement chinois. Aujourd’hui le gouvernement pousse à ce qu’il soit signé. Il faut donc que le Vatican continue de refuser car un tel accord n’est pas acceptable si je me fie aux informations que j’ai pu avoir. Malheureusement, le nouveau secrétaire d’État est plein d’espoir : pourquoi le cardinal Parolin s’est-il cru obligé de louer le cardinal Casaroli ? Et pourquoi croit-il encore aux miracles de l’Ostpolitik alors que cela a été un échec, un grand échec ? Je ne comprends pas pourquoi ils ne prennent pas les leçons de l’Histoire. En Hongrie, cela a été un échec complet.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei a déclaré qu’en ce qui concerne les ordinations d’évêques, le Vatican devait respecter « la tradition historique et la réalité des catholiques en Chine ». Selon lui, « la Chine est toujours sincère dans sa volonté d’améliorer les relations avec le Vatican et déploie sans discontinuer des efforts en ce sens ». Et d’ajouter : « Nous souhaitons avoir un dialogue constructif avec le Vatican (…). Nous espérons que le Vatican pourra créer les conditions favorables à une amélioration des relations » (2). Quelle est la part de la langue de bois dans ce genre de propos ? Et comment faut-il interpréter ceux-ci ?

Le discours officiel du gouvernement autour des ordinations d’évêques est toujours le même. Selon eux, tout se passe de la manière la plus transparente possible : il y a des élections puis les élections sont approuvées ; et enfin le gouvernement demande au Vatican d’accepter. Concrètement, le Vatican fait quelques recherches puis approuve. Savez-vous ce qu’est une élection en Chine ? Il n’y a pas de vraie élection en Chine. Vous connaissez la blague. Le citoyen du pays X dit : « Notre gouvernement est très efficace car nous connaissons le résultat des élections le lendemain du vote ». Le citoyen du pays Y réagit et dit : « C’est mieux chez nous car nous connaissons le résultat le jour même avant minuit ». C’est alors que le citoyen chinois intervient et conclut la dispute en disant : « Nous nous faisons encore mieux car nous connaissons les résultats avant même que le vote n’ait eu lieu ».

C’est comme cela que cela marche également pour l’Église car l’Église officielle est complètement dans les mains du gouvernement. Les élections en vue de la nomination d’un évêque sont toutes manipulées : il n’y a pas de règle. Puis la nomination est approuvée par la Conférence épiscopale. Mais il n’y a pas de Conférence épiscopale : ce ne sont que des noms. Le président de la Conférence épiscopale est un évêque illégitime. Certes ce n’est pas un mauvais homme mais il a peur et est subjugué par le gouvernement.

Vous vous rappelez il y a deux ans, le tout nouvel évêque de Shangaï, Mgr Ma Daqin. Lors de son sacre, il refusa l’allégeance à l’Église patriotique. Ils pensaient qu’ils lui avaient lavé le cerveau mais ce n’était pas le cas. C’est un homme très intelligent. Peut-être aurait-il dû attendre quelque temps avant de s’annoncer. Aujourd’hui, il est en résidence surveillée. Le lendemain de son ordination, il a été révoqué. Qu’ont-ils dit ? Nous avons réuni la Conférence épiscopale et nous l’avons révoqué. Et ils montrèrent une photo de la Conférence épiscopale. Le chef des Affaires cultuelles présidait cette réunion. C’est lui le patron de la Conférence épiscopale. On le voyait sourire pendant que les deux évêques qui sont à la tête de la Conférence apparaissaient tout piteux. Tout est faux en Chine. En 2010 il y a eu neuf ordinations épiscopales. Tout le monde a salué cette nouvelle : voilà que la Chine accepte les évêques proposés par le Vatican. Mais c’était le contraire qui se produisait. C’est le Vatican qui acceptait les évêques nommés par le gouvernement. Le Saint-Siège fait trop de concessions et il approuve parfois des candidats qui ne sont pas bons.

L’accord évoqué par le Vatican mentionne que pour tout siège vacant, le gouvernement proposerait trois noms. Et le Vatican pourrait choisir parmi les trois noms ou les refuser tous en bloc.

Comment un gouvernement athée peut-il présenter des noms ? Que savent-ils des évêques ? Un évêque n’est pas un homme politique, c’est un pasteur. L’initiative doit venir de Rome. Certes, on peut consulter le gouvernement et celui-ci peut refuser en arguant que tel ou tel est fermement opposé au gouvernement. Mais cela doit partir du Vatican et non en sens inverse.

Quelle est la qualité du clergé officiel ?

Entre 1989 à 1996, j’ai passé six mois par an en Chine en enseignant dans les séminaires. Au début je n’enseignais qu’à Shangaï puis j’ai enseigné à Xi’an, Wuhan, Shejiazhuang, Pékin et Shenyang. J’ai vu de mes propres yeux comment fonctionnait l’Église. Les prêtres étaient déjà bien vieux. L’Église a souffert pendant de si nombreuses années. À partir des années cinquante, ceux qui n’ont pas accepté la mise en place de l’Église patriotique ont été en camps de travail. Puis avec la révolution culturelle, l’Église a complètement disparu. J’ai visité Shangaï pour la première fois en 1974. Toutes les religions avaient disparu. Au début des années quatre-vingt, l’Église a recommencé. Ceux qui ont été en prison dans les années cinquante ont pu sortir : ils ont rejoint les rangs de l’Église clandestine. Certains se sont ralliés à l’Église patriotique et tous ont pris de l’âge. C’est ce vide qui a permis que je puisse venir enseigner dans les séminaires. Parmi les vieux prêtres qui ont souffert, beaucoup sont de bons prêtres. Ils savent que l’on ne peut pas avoir confiance dans les communistes. Ils restent fidèles à l’Église catholique mais beaucoup ont peur. Ils savent que le gouvernement peut les faire souffrir. Et certains sont faibles, happés qu’ils sont par l’espoir de quelque faveur. La grande majorité est encore composée de bons prêtres. Quant aux familles, elles ont gardé la foi en vivant dans la clandestinité. Je suis donc plein d’espoir.

Je me fais l’avocat du diable. S’il y a un bon clergé dans l’Église patriotique, s’ils font du bon travail pastoral, alors peut-être la voie de l’apaisement est-elle la bonne ?

Certes mais cette voie passe par un choix qui consiste à encourager l’Église patriotique au détriment de l’Église clandestine. Il faut distinguer entre les évêques et les prêtres. Quand je parle du clergé, je pense aux évêques et aux prêtres. Qu’est-ce qui est le plus important : les évêques ou les prêtres ? Je pense que pour nous catholiques, ce sont les évêques qui sont le plus important. Parce que nous avons un système hiérarchique. Si l’évêque est mauvais, le prêtre peut faire peu de chose. Si l’évêque est bon, alors tout va bien. Certains évêques de l’Église officielle sont faibles, d’autres sont opportunistes. Certains sont ambitieux : ils aiment être évêques. Alors ils collaborent avec le gouvernement. Quand le gouvernement présente un candidat, le Saint-Siège accepte. Alors il faut entretenir de bonnes relations avec le gouvernement. C’est ce système qui est mauvais.

Est-ce qu’il y a des quotas de prêtres comme c’était le cas au Vietnam ?

Au Vietnam, il y avait effectivement des quotas mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Beaucoup de ceux qui finissaient leurs études ne pouvaient être ordonnés. C’est pour cette raison que beaucoup sont allés en Europe. Cette situation a été difficile mais elle a donné plus de liberté aux évêques. Au Vietnam, il n’y a pas d’association patriotique. Le gouvernement a tenté de créer une telle association mais cela est resté très marginal. L’Église et le gouvernement sont à couteaux tirés et cela crée une liberté pour les évêques. Au Vietnam, les évêques peuvent aller à Rome : ils peuvent prendre part aux synodes, font les visites ad limina, etc. Nos évêques ne le peuvent pas. L’Église patriotique a eu beaucoup de succès et cela a permis au gouvernement de contrôler l’Église. Et comme en Chine, l’Église patriotique et l’Église clandestine sont en concurrence, l’Église patriotique veut avoir plus de prêtres. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de quotas pour l’Église officielle. Avoir plus de prêtres est un moyen de combattre l’Église clandestine.

Quelle est l’importance de l’Église clandestine ?

L’Église clandestine est encore très forte. Il est difficile d’avoir des chiffres mais on peut estimer que l’Église se partage pour moitié entre l’Église officielle et l’Église clandestine. Quand on dit clandestine, les situations sont très contrastées selon les endroits. Shangaï par exemple est une ville ouverte. L’Église clandestine est vraiment clandestine. La messe est dite dans des bâtiments privés. Vous ne pouvez pas avoir d’église. Mais dans le nord du pays, l’Église clandestine est très puissante. Elle possède des églises et même de grandes églises. Le gouvernement laisse faire. L’Église est clandestine non pas parce qu’elle n’a pas pignon sur rue mais parce qu’elle est hors la loi. L’Église clandestine a été affaiblie par le Vatican. En favorisant l’Église officielle, le Vatican affaiblit l’Église clandestine : le Vatican donne de nombreux évêques à l’Église officielle mais très peu pour l’Église clandestine. Le Saint-Siège demande aux catholiques de se rapprocher de l’Église officielle mais comment pouvez-vous demander à l’Église clandestine d’obéir à un évêque officiel ? Nous crions notre révolte mais ils ne comprennent pas. Il y a des séminaires clandestins mais ils ont beaucoup de difficultés. Dans certains diocèses, les évêques officiels n’obéissent pas au gouvernement comme à Shangaï. Ce sont de bons évêques : ils combattent le gouvernement.

Pouvez-vous nous parler de la situation des catholiques à Hong Kong. Ceux-ci représentent 5 % de la population. Quelle est l’influence des chrétiens dans la société ? Et dans quelle mesure sont-ils touchés par l’influence du matérialisme ?

Au début, Hong Kong est peu de chose et il y a peu de monde. Quand le communisme s’installa en Chine, il y eut un afflux énorme de réfugiés. Hong Kong prit alors beaucoup d’importance et devint également une place financière pour l’Asie. Quand la Chine ouvrit la porte, Hong Kong devint très utile. Le rôle de l’Église a été très important dans toute cette période. Avec l’installation du communisme en Chine, les missionnaires furent rejetés et beaucoup s’installèrent à Hong Kong. Ils furent à l’initiative de nombreuses œuvres. C’est ainsi que l’Église est très active dans les écoles, les hôpitaux et le travail social. Nous constituons une petite minorité mais nous avons une grosse influence, spécialement à cause du nombre d’écoles que nous gérons. Pendant toutes ces années, nous avons eu une liberté complète car le gouvernement avait intérêt à collaborer avec l’Église. Une bonne partie de l’élite de Hong Kong a bien souvent étudié dans des écoles catholiques ou protestantes. Aujourd’hui les choses changent : le gouvernement de Hong Kong a voté une loi qui nous retire le contrôle des écoles. Chaque école devient indépendante et est régie par un comité de direction qui est indépendant des Églises. Nous pouvons avoir 60% des membres du comité de direction mais comment trouver ces gens et s’assurer qu’ils sont catholiques ? Les parents et les professeurs ont également leur voix à hauteur de 40% dans le comité de direction. La loi a été malheureusement votée. J’ai crié mais rien n’y a fait. Jusqu’à maintenant, nous étions les sponsors de ces écoles et avions le contrôle. Désormais ce ne sera plus le cas. Nous avons fait appel arguant du fait que nous avions la compétence pour diriger des écoles mais j’étais seul dans cette bataille. La Cour n’a pas eu le courage de revenir sur la décision du gouvernement. J’ai protesté et fait trois jours de grève de la faim. Et j’ai été heureux de voir que cela a produit ses fruits : les gens commencent à comprendre. Et cela d’autant plus qu’ils voient que le gouvernement introduit l’éducation patriotique (c’est-à-dire communiste) à l’école.

Quant à votre deuxième question qui concerne l’influence du matérialisme. Oui, Hong Kong n’est pas à l’abri de ce vaste mouvement. Hong Kong est une ville cosmopolite et ouverte sur le monde. L’influence du matérialisme est importante. Le taux de natalité est très faible : moins d’un enfant par femme. Le taux de divorce touche un couple sur trois. Et les catholiques sont touchés de la même manière par tout cela. Par ailleurs, nous nous méfions de l’influence de l’Occident. Ce sont les missionnaires qui venaient de Chine qui ont créé les séminaires à Hong Kong. Je pense par exemple aux jésuites. À l’époque, c’est le latin qui était utilisé. Après le concile Vatican II, la langue latine n’a plus été utilisée. Et nous n’avions pas d’enseignants capables d’enseigner en chinois. Il nous a donc fallu envoyer nos séminaristes à l’étranger. C’était une époque de confusion des idées. Quand les séminaristes sont revenus au pays, nous avons compris que tout était confus dans leur tête. Les évêques asiatiques ont vu alors le danger et ils ont alors décidé de ne plus envoyer de séminaristes en Europe. Nous les gardons donc ici. Ce n’est que quand ils deviennent prêtres que nous les envoyons en Europe mais ils sont prêts et mieux préparés à affronter les choses. Sinon ils apprennent de mauvaises choses. Et nous les salésiens, nous sommes très conservateurs.

Dans les séminaires à Hong Kong, on n’insiste pas suffisamment sur le dogme. On est bon sur la liturgie, les écritures mais la dogmatique et la philosophie restent faibles. Quant aux séminaires en Occident, nous avons constaté que même parmi les professeurs, il y en a certains qui ne sont pas respectueux pour le magistère. Par exemple, certains enseignent contre Humanæ Vitæ. Aujourd’hui nous avons de nouveaux problèmes, notamment avec les homosexuels. Avec la situation politique en Chine, tous les feux sont mis sur la démocratie. Mais nous savons que la démocratie n’est pas parfaite. La démocratie signifie que la souveraineté appartient au peuple. Le peuple peut devenir fou, il peut avoir de mauvaises idées. Le peuple peut être stupide parfois. Mais paradoxalement si vous êtes pour la démocratie, vous avez du mal à dire que vous êtes contre les homosexuels. En ce moment, je suis très inquiet pour les libertés. Si nous avons un premier ministre qui est nommé à la suite de fausses élections, toute la culture de la ville va changer : « Honorer les puissants et opprimer les faibles », telle sera la nouvelle devise. Les communistes sont les amis des capitalistes. Le fossé entre les riches et les pauvres va en s’élargissant. En ce moment nous essayons de combattre ce mouvement et nous exigeons une réelle démocratie. Mais la voie est longue et difficile.

Vous êtes connu pour avoir célébré plusieurs fois la messe tridentine. Pourquoi êtes-vous attachés à cette forme de la messe ?

Tout le monde sait que je suis plutôt ami avec ces gens. C’est le chant grégorien qui me passionne dans la liturgie tridentine. Certaines choses sont bonnes dans cette liturgie, notamment le sens du mystère qu’il est important de garder. Et je trouve cela une excellente idée que le prêtre prie avec l’assemblée, tous unis vers l’Orient. Ce n’est pas nécessaire de faire face aux gens quand vous offrez le sacrifice de la messe. Peut-être est-ce utile pour la liturgie de la parole. Mais quand vous offrez le sacrifice, c’est bien d’être tous dans le même sens et tournés vers le Seigneur. De toute façon, l’ancienne liturgie n’a jamais été rejetée par l’Église.

Quel message voulez-vous adresser aux catholiques français ?

La France est présente à Hong Kong et en Chine au travers des Missions Étrangères de Paris. Je voudrais saluer l’extraordinaire travail qu’ils font ici. Ils envoient de nombreux jeunes prêtres en Chine. Et c’est très bien.

 

1. Xi Jinping est le chef du parti communiste et Président de la République populaire de Chine. Quant à Jiang Zemin, un de ses prédécesseurs, il dispose d’une énorme influence au travers d’un réseau d’alliés dans le parti, l’armée et l’économie.
2. Communiqué du 13 mars 2015.

 

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