CredoFunding : une solidarité féconde
Entretien avec Éric Didio

Rédigé par Clémence Gidoin le dans Politique/Société

CredoFunding : une solidarité féconde <br/>Entretien avec Éric Didio
Éric Didio, fondateur de CredoFunding

Entretien avec Éric Didio, fondateur de CredoFunding
Propos recueillis par Clémence Gidoin

On sait la difficulté qu’ont les jeunes projets innovants, les diverses causes et les évènements catholiques pour se faire sponsoriser et réunir suffisamment d’argent. Fort de ce constat, CredoFunding organise un financement participatif, et offre également une plateforme publicitaire connectée en organisant un vaste réseau de chrétiens soucieux de s'entraider.

Vous avez monté un organisme de financement chrétien : considérez-vous qu’il existe une manière «chrétienne» de récolter de l'argent ?

Techniquement, il n’y a pas de manière plus ou moins chrétienne de récolter de l’argent, cela relève d’une démarche professionnelle et intègre au service des projets chrétiens, grâce à des outils numériques modernes ; mais cette démarche est également un chemin de foi au contact des belles rencontres que nous faisons. Notre principe est de mettre directement en relation, sans autre intermédiaire que nous, les porteurs de projets, qui peuvent ainsi les exposer aux yeux de la communauté chrétienne. Notre objectif était d’avoir un lieu d’échanges dédié à cette communauté, pour que les projets ne se retrouvent pas sur des plateformes inadaptées, et qui permette de créer des synergies entre les projets : les donateurs peuvent découvrir de nouvelles causes intéressantes, puisque les projets sont tous réunis au même endroit, d’autant plus que nous leur apportons un gage de qualité et de concrétisation qui rassure les contributeurs.   

Pouvez-vous développer le concept de financement participatif et ses avantages ?

Ce mode de procéder est exclusivement sur internet, et consiste dans la mise en relation de porteurs de projets qui ont de bonnes idées, mais pas assez d'argent pour qu’ils aboutissent, et de donateurs qui les aident. Ceux-ci viennent de leur entourage proche, ou de partout ailleurs. Ils peuvent découvrir les projets grâce à nos moyens de communication.
Il y a vraiment ici une notion de collecte, et de communication, car certaines personnes, sans pour autant donner de l'argent, sont sensibilisées et relayent les projets sur les réseaux sociaux, en parlant de l'Église ! Un tiers du trafic et des dons se passe sur Facebook : cela nous permet d'aller «dans les périphéries», comme dirait le Pape.

Est-ce que cela fonctionne comme prévu ?

Les résultats sont largement significatifs ! Lorsque nous avons lancé la plateforme, il y a six mois, c’était un pari, mais les projets sont venus tout seuls, par bouche au oreille, et cela montre bien qu’il y avait une véritable attente. Cela n’aurait certainement pas fonctionné il y a trois ans, car le marché du «crowdfunding» (financement participatif) n’était pas assez conséquent. En revanche il double chaque année, et explose en France aujourd’hui. Je pense aussi que nous profitons du récent éveil des consciences : le fait d’avoir battu le pavé pendant la Manif Pour Tous a donné l’envie d’affirmer que nous existons, d’affirmer notre foi, et de montrer que nous ne sommes pas des «chrétiens de salon».

Quelles sont les conditions pour qu'un projet puisse bénéficier de vos services ? 

Il doit évidemment être compatible avec la foi et relatif à un projet de la communauté chrétienne. Il doit se situer dans l’une des quatre grandes dimensions suivantes : l’éducation (écoles de l’enseignement catholique et hors contrat, œuvres éducatives,...), les communautés ou le patrimoine religieux, la solidarité (la défense de la personne, de la vie), et la culture (édition, musique,...).

Quelles satisfactions peuvent en retirer les donateurs ?

Contrairement à d’habitude, ils choisissent eux-mêmes leur projet. La plupart des associations collectent des sommes et décident ensuite dans quels projets les investir. Il y a une évolution sociétale et assez forte : j’ai de l'argent, donc je décide directement ce que j’en fais.
Il n’y a pas plus transparent que la relation directe entre le donateur et le porteur de projet: c’est immédiat et rapide. C’est aussi pour eux la satisfaction de pouvoir soutenir un projet, et d’ensuite le partager sur les réseaux auprès de leurs amis. Ce qui est incroyable avec cette plateforme c’est que beaucoup d’histoires se créent entre les porteurs de projets et les contributeurs : je pense à l'exemple des Petites sœurs de l’Agneau qui vivent de mendicité dans les quartiers du Nord de Marseille et qui ont des relations particulières avec leurs donateurs. Nous avons aussi soutenu un chanteur peu connu qui a pu être contacté par des maisons de disque.

Pouvez-vous citer des projets que vous avez soutenus récemment ?

Il y en a un justement qui est en train de se faire connaître sur internet, c’est l’abbé Soury-Lavergne qui cherche à sauver son abbaye. Il fait 20 000 vues sur YouTube, et quelques jours après le responsable du para-club de Cahors lui a lancé un défi : si l’abbé saute en parachute, il l'aiderait dans son projet. Ce à quoi l'abbé lui a répondu qu’il serait prêt à le faire si la jauge CredoFunding dépassait les 25 000 euros ! Les médias ont beaucoup relayé cette anecdote. Hier soir j’étais à Lyon où est en train de naître le Simone, premier espace de coworking, qui répond à une véritable demande économique de la part des jeunes, des chefs d'entreprise qui se lancent et ne veulent pas travailler depuis chez eux. L’environnement leur permet de parler, de communiquer sur la doctrine sociale de l'Église, en faisant des conférences.

https://www.credofunding.fr/fr

 

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