Laudato si, sur la sauvegarde de la maison commune

Rédigé par Un moine de Triors le dans Religion

Laudato si, sur la sauvegarde de la maison commune

Le Pape vient de publier sa deuxième encyclique sur la sauvegarde de la maison commune. Juste un mot sur la portée doctrinale de l’encyclique.

Comme toujours, il s’agit d’un document du magistère ordinaire solennel du Pontife romain de sorte que tout ce qui y est dit touchant la foi et les mœurs et qui serait déjà défini, est infaillible. C’est le cas pour la doctrine sur la création (nn. 62-100). Le reste bénéficie d’une assistance prudentielle : le Pontife romain ne pouvant induire en erreur grave le lecteur, on est assuré que le contenu dans son ensemble est bon pour les âmes ; ce qui n’exclut pas qu’une meilleure expression soit possible, par exemple pour la première partie concernant les changements climatiques (nn. 11-61). En conformité donc avec le n. 25 de Lumen gentium et la pensée de nombreux théologiens, il faut accueillir cette encyclique avec foi et docilité, en « sachant recueillir des lèvres et du cœur de l’Église la pensée de Dieu », (dom Delatte).

La réaction des papes

De Léon XIII jusqu’à Paul VI, l’enseignement social de l’Église s’était surtout intéressé au développement industriel, sans pour autant nier la valeur du travail agricole. Pour s’en convaincre, il suffirait de lire les enseignements pontificaux de Solesmes. Depuis la lettre Octogesima adveniens de Paul VI en 1971, l’Église, par la force des choses et pour répondre aussi aux dérives d’une écologie marxiste, dénonça avec courage et de plus en plus les infractions commises à l’égard de la création, dont les changements climatiques sont peut-être une conséquen­ce. Après Paul VI, Jean-Paul II publia en 1990 son Message pour la journée mondiale de la paix sur le thème de l’écologie : « La paix avec Dieu Créateur, la paix avec toute la création ». Benoît XVI eut sur ce sujet de remarquables interventions. Ainsi, son Message pour la journée mondiale de la paix de 2010 : « Si tu veux construire la paix, protège la création », qui renforçait son encyclique Caritas in veritate sur le développement et la solidarité.
Ce document se présente à nous comme un lumineux compendium de la doctrine sociale de l’Église. Certes, il ne fait aucune référence à des documents pontificaux antérieurs à Jean XXIII. Mais en s’appuyant longuement et de façon explicite sur la doctrine sociale de l’Église (nn. 63-175) et surtout en se référant à Octogesima adveniens (n. 4) et à Centesimus annus (nn. 5, 93, 116, 117, 127 et 213), il renvoie directement à Léon XIII. D’autre part, les longs développements sur la technique et son éducation éthique dans la sphère économique (n. 4, n. 94, n. 102-113, n. 134, etc.), comme les autres réflexions éthiques renvoient implicitement à Pie XII qui a profondément marqué de son influence les justes orientations qui doivent être prises en ce domaine.

Aussi, plus qu’un résumé structural de l’encyclique que l’on trouvera aisément par ailleurs, on entend marquer ici les principaux thèmes théologiques et spirituels qui y sont contenus. Le Pape s’appuie énormément sur la Révélation. Dès le n. 2, il parle de la création touchée par le péché. Il y revient plusieurs fois, surtout quand il montre le lien, grâce au Christ, entre création et rédemption. C’est un point important que beaucoup voudraient omettre ou repousser en raison des positions du Père Teilhard (d’ailleurs cité à la note 53 du n. 83). Il s’agit pourtant d’une affirmation profondément paulinienne (Rm 8) que défend ici le Pape sans tomber pour autant dans le panthéisme teilhardien. Cette vision de la création qui s’appuie sur les deux premiers chapitres de la Genèse et d’autres textes bibliques (nn. 65-75) est très importante, car, comme le souligne le Pape, il s’agit d’une vision de foi dans le Dieu Créateur et Rédempteur (n. 6). Et l’on peut même dire que tous les points abordés dans l’encyclique s’y rattachent plus ou moins d’une certaine façon.
Le Pape parle longuement d’abord du problème de l’eau, thème biblique par excellence. Sans l’eau l’homme ne peut vivre. Lors de la crise du Sahel, dans les années 1980, Jean-Paul II était intervenu plusieurs fois à ce sujet. Et le problème de l’eau pose à son tour celui de la disposition des biens de la terre. Comme ses prédécesseurs immédiats, le Pape, même s’il défend avec Léon XIII la propriété privée, rappelle que la terre donnée à l’homme pour qu’il la soumette appartient d’abord à Dieu qui l’a créée. Cela entraîne la disposition universelle des biens (nn. 93-95). Et le Pape en profite pour rappeler à deux reprises le grand principe de la doctrine sociale de l’Église : celui de la subsidiarité (nn. 157 et 196).

Vision chrétienne de l’homme

Le mystère de la création intimement lié au mystère de Dieu Créateur engendre une anthropologie qui ne peut être que chrétienne, le Christ seul restaurant le plan originel défiguré par le péché. En conséquence, nous devons rejeter tout ce qui attente à la vraie dignité de l’homme et en premier lieu l’avortement à nouveau condamné (n. 50). Ce n’est en effet que la vision chrétienne de l’homme qui peut conduire à la civilisation de l’amour tant souhaitée par Paul VI (n. 231). Le Pape peut alors avec Benoît XVI affirmer l’existence d’une écologie de l’homme (n. 155), parce que l’homme créé « à l’image de Dieu » ne peut être manipulé contrairement à ce qui se passe sous nos yeux. On ne peut supprimer en l’homme cette capacité de « déification » (à comprendre correctement) qu’il possède de par sa nature. Or, de nos jours deux fléaux dénaturent cette vision de l’homme et le Pape les condamne fortement : le relativisme et l’individualisme (n. 163). Ceux-ci constituent un grave danger, notamment pour l’existence même de la famille, car ils ont pour conséquence la disparition des générations par manque d’enfants. Beaucoup d’autres points mériteraient d’être soulignés : le repos dominical (n. 237), l’écologie artisanale de la pêche et de la chasse (n. 129) et surtout la dimension chrétienne du travail, dans la droite ligne de Laborem exercens. Confions à Marie cette lecture de l’encyclique. Qu’elle nous aide à la recevoir avec docilité pour devenir des semeurs d’espérance.

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1 commentaire

Par Nicolas Jaisson, le

Cette réponse à la dernière lettre pontificale (une encyclique est normalement écrite en Latin et destinée aux catholiques) est, comme le document pontifical de référence, construite à partir de notions empruntées à l'ordre social maçonnique. Quelques exemples: « maison commune » (terme créé par Gorbatchev pur désigner l'ordre mondial succédant à l'Union soviétique qui s'appuie sur des thèmes fédérateurs comme la menace climatique ou les agressions de l'Humanité contre la Nature), « changement climatique » (notion fumeuse inventée par les tenants du Nouvel Ordre Mondial pour faire avancer des réglementations contraignantes portant atteinte à la dignité de l’être humain comme le droit à l’auto-détermination ou le droit de propriété), le « développement durable » (notion issue des cercles mondialistes destinée à faire croire à un développement protégeant les populations locales alors que les réglementations servent trop souvent de prétexte à des comportements de prédation de la part des multinationales chassant ces populations de leur habitat naturel au nom du respect des bonnes pratiques environnementales), « dépendance » (notion technocratique dissimulant des pratiques d’euthanasie derrière une fausse pitié pour des personnes âgées délaissées par leurs familles qui se déchargent de leur responsabilité sur l’Etat), « mouvement écologique mondial » (ONG massivement manipulées par les Etats qui tirent prétexte de l’écologie pour imposer de nouvelles réglementations,voir l’Agenda 21 et le protocole de Tokyo, conduisant invariablement à des pratiques totalitaires de surveillance des populations, dans le but à peine dissimulé d’exterminer la plus grande partie de la population mondiale considérée comme une nuisance pour l’environnement).

La renonciation de l’Eglise à sa vision originale de la société humaine bâtie sur la pierre angulaire qu’est le Christ, chemin et source du Salut, constitue la ligne directrice de ce document en forme de credo écologique reprenant tous les poncifs mondialistes au nom desquels la « maison commune » remplace les nations chrétiennes condamnées à fusionner dans un enfer totalitaire au nom de théories écologiques sans réel fondement scientifique. Commente se fait-il que la totalité des scientifiques consultés soient issus des officines de recherche sponsorisés par des Etats et des multinationales qui ont fait de la défense de l’environnement le cheval de bataille du socialisme écologique totalitaire ?

Les Papes précédents avaient pris soin de remettre les Etats à leur place lorsqu’ils voulaient enfreindre les droits fondamentaux des individus pour prendre la place de Dieu en imposant des lois civiles en contradiction avec l’ordre naturel voulu par Dieu. Ici par une seule référence aux droits des individus, personne humaine libre et responsable devant son Créateur, contre l’Etat totalitaire qui constitue tout de même la principale caractéristique de la vie politique mondiale durant ces deux derniers siècles. Au contraire, c’est au Léviathan que le Pape fait appel pour discipliner les individus peux soucieux du respect des règles de défense des droits de la faune et la flore qui seraient menacés d’extinction par les appétits débridés des Humains. De même l’équipe de rédaction feint d’ignorer qu’il ne s’agit pas tellement de la responsabilité individuelle que de celle des superstructures, entendez des multinationales et des organismes internationaux qui les contrôlent, dans l’analyse des causes de la destruction de la Nature. Après tout, ce sont bien ces superstructures qui ont imposées les nouvelles normes environnementales que seules les multinationales ont les moyens de mettre en œuvre avec le soutien de l’Etat. Le Pape compte confier à ces mêmes organismes supranationaux la charge de définir et de mettre en œuvre une gouvernance devant conduire l’humanité à se plier aux règles de la « solidarité frugale » ? Or ces gouvernances ont invariablement conduit à des désastres environnementaux, à commencer par les énergies renouvelables comme les éoliennes ou le géo engineering qui conduit à un empoisonnement planétaire du sol et de l’atmosphère, sans même parler des conséquences dramatiques su trafic des « droits à polluer » servant aux multinationales à chasser de leurs terres nombre de populations rurales.

Après tout, si nous arrivons à une situation de désastre environnemental, la faute en incombe d’abord et avant tout aux idéologies prométhéennes matérialistes issues du judéo-protestantisme mettant les droits de l’homme au-dessus des droits de Dieu, en clamant le devoir des Hommes de se rendre « maîtres et possesseurs de la Nature ». Mais il n’est pas question, au nom du dialogue entre les religions, d’égratigner des hérésies répandues par le Judaïsme et le Protestantisme réunis dans la volonté démiurgique commune de transgresser l’ordre naturel pour conduire l’Homme vers une Humanité plus haute vivant dans une Nature renouvelée par le génie scientifique humain. Ici se pose la question de la hiérarchie des valeurs morales : il est regrettable de constater que le Vatican se plie devant les normes laïques édictées par la société civile au nom de bonnes intentions environnementales, alors qu’elle devrait proclamer que la loi morale issue de l’Evangile prévaut sur la loi civile qui n’a que trop tendance à transgresser les droits de Dieu, lorsqu’il s’agit de l’organisation de la société. Si le Pape souhaite que les choses rentrent dans l’ordre il devrait commencer par rappeler cette hiérarchie des valeurs, qui veut que l’Etat se plie à la morale chrétienne dans l’organisation des sociétés humaines, car il est dit « sans Moi, vous ne pouvez rien faire ». S’écarter des grands principes de la morale catholique dans l’organisation du corps social du Christ, s’est se couper du corps mystique et donc emprunter un chemin qui conduit non pas à la Vie mais à la mort du corps et de l’esprit.