Quand l’idéologie du Genre devient féroce

Rédigé par notre correspondante aux États-Unis, Armelle Signargout le dans International

Quand l’idéologie du Genre devient féroce

Un colosse de 200 kilos dans les mêmes toilettes, à l’école, qu’une fillette de 5 ans. Il lui suffira de dire qu’il est « transgenre » pour devenir inattaquable. Ce cauchemar risque de devenir réalité dans tous les établissements éducatifs publics des États-Unis grâce à un diktat récent de Washington.

La tyrannie de la tolérance a encore frappé. Dans une lettre adressée le 13 mai à toutes les écoles et universités publiques des États-Unis, les départements de la Justice et de l’Éducation, aux ordres du Président Obama, exigent des proviseurs de tout le pays que soient rendues accessibles aux « transgenres » les toilettes de leur établissement, quel que soit le sexe de la personne qui en fera la demande, et sans que la moindre « preuve » ait besoin d’être fournie. Autrement dit : les filles chez les garçons et les garçons chez les filles, du moment que ce jour-là lui ou elle « se sent » du sexe opposé. Il n’est pas permis de refuser à un « transgenre » d’aller se soulager là où il lui plaît. Il n’est pas permis non plus de consulter préalablement ses parents. Totalement anticonstitutionnel, ce décret-loi recouvre aussi les vestiaires et les douches, ainsi que… les chambres d’hôtel lors d’excursions scolaires. Et les directeurs d’école qui résisteraient ? Le locataire actuel de la Maison-Blanche, dont le bail expire en janvier prochain et dont les filles n’ont jamais connu l’école publique, menace de les priver de subventions fédérales – 4 % à 16 % du budget éducatif par État, soit au total plus de 40 milliards de dollars.

La dissolution morale d’un pays

Détail révélateur : Obama fut élevé en Indonésie par une nourrice « transgenre ». Qu’il ait osé ce « chantage éhonté », « à la pointe d’une baïonnette », montre à quelle vitesse s’est accélérée la dissolution morale d’une nation qui, lors de sa fondation il y a seulement 240 ans, citait clairement Dieu comme Créateur. Publié le jour de la fête de Notre Dame de Fatima – elle qui nous a avertis : « Les péchés qui conduisent le plus d’âmes en enfer sont les péchés de la chair » –, ce ­décret-loi a été qualifié de « profondément troublant » par la Conférence nationale des évêques, qui ajoute : « Tous les enfants devraient toujours se sentir en sécurité. » Le lendemain, le cardinal Robert Sarah, de passage à Washington, parlait de « guerre insidieuse » contre la nature humaine et appelait la manœuvre d’Obama par son nom : « diabolique ».

La soudaine irruption des « transgenres » – 0,3 % des Américains seraient atteints de ce désordre psychologique qui conduit à un taux de suicide 41 fois plus élevé que la moyenne – à la une de l’actualité a commencé fin mars avec la décision courageuse du gouverneur de Caroline du Nord, Pat McCrory, de maintenir fermement la séparation naturelle des toilettes publiques : les hommes (définition biologique objective) chez les hommes, les femmes chez les femmes. Bref, interdiction aux hommes – même en jupe – d’envahir les W.-C. réservés aux femmes. Apple, PayPal et d’autres entreprises influentes boycottent aussitôt l’État de ce « transphobe » en se drapant dans leurs « valeurs inclusives ». Malgré cette revanche financière des « anti-discrimination », il tient bon. « Je ne pense pas qu’il soit convenable, a expliqué son adjoint, que des adolescents garçons et filles prennent des douches côte à côte. Je ne crois pas que des hommes, entraîneurs ou profs, aient leur place dans les vestiaires où des petites filles nues sont en train de se changer. » Intolérable insubordination. Le gouvernement fédéral a porté plainte contre la Caroline du Nord. En attendant de frapper encore plus fort avec le scandaleux décret-loi.

L’affaire des magasins Target

À cette affaire qui serait cocasse si elle n’annonçait d’autres pressions et même des persécutions, est venue se superposer celle de Target, une chaîne nationale de magasins. Par un beau jour de printemps, un homme aux joues hérissées d’une barbe de deux jours se présente et demande au gérant s’il lui serait possible d’utiliser les toilettes pour femmes. « Aucun problème », lui répond-il. Le PDG de Target a jugé opportun de comparer cette ouverture d’esprit à celle des défilés de mannequins noirs qui placèrent, il y a quelques décennies, son entreprise « à la pointe du progrès ».

Mais tous les Américains ne sont pas (encore) si manipulables. Une pétition a déjà rassemblé plus d’1,2 millions de signatures contre Target, dont la valeur en bourse a chuté de 19 % en un mois. Soixante-treize élus du Congrès ont fait savoir qu’ils ne se laisseraient pas intimider par l’opération subversive de Washington. Un proviseur du Texas a annoncé qu’il « réduirait en confettis » l’ordre venu de la capitale. Quant à l’organisation nationale des pédiatres, elle dénonce comme abusif l’encouragement implicite aux « transgenres » : « Chacun de nous est d’un sexe ou de l’autre, et non d’un “genre”. Les faits, et non l’idéologie, déterminent la réalité. »

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