Fin de vie, la prudence est de mise

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Politique/Société

 

Interrogé sur la fin de vie par François Hollande, le Comité National Consultatif d'Éthique (CCNE) a rendu le 1er juillet dernier un avis défavorable à l'euthanasie comme au suicide assisté. Il a d'autre part appelé au développement des soins palliatifs et du système des directives anticipées.

Se profile déjà un front d'opposition à la légalisation de la piqûre létale si François Hollande accélérait la mise en œuvre de l'engagement 21 de sa campagne présidentielle qui promettait l'euthanasie. Le Président n'aura-t-il à son actif que le vote et la promulgation de la loi Taubira ?

L'avis du CCNE, dans la ligne de la loi Leonetti, seule de la Vè République à avoir été votée à l'unanimité, est une heureuse nouvelle mais qui ne résout pas le problème de la fin de vie en France et ne fera pas non plus taire les militants pro-euthanasie. De fait, François Hollande a annoncé d'ores et déjà la tenue d'états généraux de la fin de vie à l'automne prochain. Le débat sera-t-il honnête ou les questions biaisées comme celles des sondages selon lesquels 90 % des Français seraient favorables à l'euthanasie ? Faudra-t-il trancher sur le droit pour le médecin de donner la mort et le droit au malade de se suicider ? Ou demandera-t-on aux Français s'ils souhaitent une fin de vie digne et sans souffrance ? Car c'est tout l'art des militants pro-euthanasie de maquiller leurs intentions en des termes que nul ne voudrait contester. La partie, donc, est loin d'être gagnée.

En attendant, la frontière demeure floue entre faire mourir et laisser mourir, entre administrer un sédatif pour soulager la douleur ou administrer le même sédatif pour accélérer la mort. Le problème reste entier aussi quant à la possibilité accordée par la loi Leonetti de cesser l'alimentation et l'hydratation, considérées alors comme des traitements plutôt que des soins dus à toute personne malade.

Les voix de certaines personnalités et associations se sont levées suite à la publication de l'avis du CCNE pour recommander la prudence. L'instance en question n'a pas un avis aussi clair qu'il le faudrait sur l'euthanasie puisqu'elle évoque, dans son avis du 1er juillet, la nécessité de trouver une troisième voie pour les cas limites, qui puisse sortir les médecins de la clandestinité. Si euthanasier les cas limites est permis, la porte est grande ouverte à la piqûre généralisée… Quel malade à l'agonie et désireux d'abréger ses souffrances voudrait se considérer comme pas assez « limite » pour avoir droit à l'injection létale ?

Alliance Vita, mobilisée depuis le début sur ce débat, estime que le seul interdit de l'euthanasie ou du suicide assisté ne suffit pas. Elle demande ainsi « la mise en place d'une politique spécifique de prévention du suicide des personnes âgées et malades car notre société doit avoir à cœur de protéger spécialement de cet acte les personnes fragiles et dépendantes ». Si les demandes de suicide médicalement assistées se multiplient, c'est parce que les conditions de la fin de vie en France sont mauvaises. Aussi faut-il désormais prendre le problème à sa source. Piquer les malades par dizaine ne leur rendra pas leur dignité.

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