Lire le Père Jérôme

Rédigé par Philippe Maxence le

Lire le Père Jérôme

Faut-il présenter le père Jérôme ? Commencer ainsi, c'est paradoxalement annoncer que l'on va répondre par la positive. Mais nous ne nous trompons pas ! En rappelant le nom de ce moine cistercien, de l'abbaye Notre-Dame de Sept-Fons, nous remettons d'abord devant nos propres yeux le souvenir des trésors spirituels sortis de la contemplation de cette âme pour rejoindre nos pauvres vies dans le monde.

Dans la préface qu'il donne à la réédition de Jalons (pour l'Ancien Testament), aux éditions Ad Solem, le père M.-Nicolas écrit : « Lors de sa parution à Genève, un père jésuite de Toulouse, non sans causticité, avait écrit : "Votre père Jérôme s'est trouvé des lecteurs…" C'est l'inverse qu'il eût fallu dire : "Des lecteurs ont trouvé père Jérôme…" ».

C’est exact. Et cette trouvaille, au demeurant, est davantage qu’une simple rencontre, c’est, en elle-même, une grâce profonde. On le sent, on le sait dès les premières phrases de Jalons. Ces première phrases, à vrai dire, pourraient suffire pour aller lire l’Ancien Testament et, d’un même mouvement, le Nouveau. Et, toujours du même mouvement, l’Office divin et la liturgie de la messe dévoileraient aussi beaucoup de leurs richesses que le regard embué de l’habitude nous cache trop souvent.

Dès les premières phrases donc, le père Jérôme nous rappelle ceci : « On peut lire l’Écriture avec des intentions diverses. L’unique intention que nous nous proposerons sera de nourrir notre âme et de rechercher Dieu. Celui qui tend vraiment vers Dieu sent la nécessité de s’établir davantage dans sa dépendance de créature vis-à-vis du Créateur ; il sent le besoin de s’agenouiller toujours plus profondément dans l’adoration devant un Dieu dont il reconnaît mieux la transcendance. Mais où, à quelle source s’alimenter et développer ce sentiment de profonde religion ? À la sainte Écriture, car c’est là précisément sa richesse propre, et tout spécialement celle de l’Ancien Testament. » Paroles lumineuses !

Il est d’ailleurs frappant de déchiffrer (difficilement) le texte manuscrit ajouté en annexe de cette édition et que le père Jérôme avait intitulé Suggestions pour la formation du moine cistercien à la pratique de l’Écriture sainte. Il y est écrit, mais là très visiblement, et même souligné de plusieurs traits : « ne lire que pour son âme ». C’est, au fond, le secret de ce petit livre qui veut nous aider à pénétrer, non pas l’Écriture sainte, mais dans l’Écriture sainte.

Ce petit volume, d’un format de poche, admirablement édité, avec une note de sobriété joyeuse, constitue le n° 8 des « Œuvres spirituelles » du père Jérôme (96 pages, 15 €).

Les éditions Ad Solem ont récemment édité également Je vous salue Marie (n° 7, 48 pages, 8 €) qui est une aide à la récitation contemplative du chapelet, par un moine qui fut un enfant et un amoureux de Marie.

Étrangement, ce petit volume se termine par l’évocation d’un frère convers de Sept-Fons, au nom de religieux qui nous rappelle la chanson de notre enfance : frère Jacques. À cette occasion, père Jérôme raconte que dom Chautard lui avait affirmé que les convers savaient se servir du chapelet et que l’« on peut devenir un vrai contemplatif rien que par le chapelet ». Frère Jacques est l’illustration de cette leçon.

 
Dans la même collection :

Possibilités et mélodies, œuvres spirituelles, n°2,

Croissance de l’invisible surnaturel, œuvres spirituelles, n°3,

Saint Benoît de nouveau suivi, œuvres spirituelles, n°4,

Que puis-je faire ?, œuvres spirituelles, n°5.

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