Bienvenue en pays cathare

Rédigé par Philippe Maxence le dans Humeur

Bienvenue en pays cathare


Les vacances, c'est bien connu, réservent toujours des surprises. Les hasards d'un voyage en famille m'ont entraîné cette année du côté de Toulouse et de Carcassonne. La région est superbe et les trésors architecturaux ne manquent pas. Pas plus d'ailleurs que le bon accueil des gens de la région. Cependant, j'ai pu faire là une découverte étonnante. Mes souvenirs ne sont pas assez précis pour indiquer à partir de quel endroit exactement s'est manifestée la chose. Grossièrement, je dirais donc entre Toulouse et Carcassonne.
Une surprise, mais quelle surprise, me direz-vous, surtout si vous êtes un habitué de la région ? J'y ai tout simplement découvert que la fameuse « laïcité » républicaine s'arrêtait là. Si les autres lois de la République semblent bien y être en vigueur, la séparation des Églises et de l'État, et tout son cortège d'implications concrètes, n'y ont visiblement pas droit de cité. À mon grand étonnement, en effet, des panneaux m'ont annoncé, de manière ostentatoire, que nous étions entrés en « pays cathare ».
Au premier abord, l'affirmation ne surprend pas. On pense à une revendication régionale. Et, personnellement, si je me sens Français, c'est aussi par la médiation d'un attachement à ma petite patrie provinciale. Mais s'agit-il de cela ici ? Est-ce la même chose de saluer le touriste arrivant en Bretagne, en Bourgogne et en « pays cathare » ?
Voici la définition que donne Wikipédia du « catharisme ». C'est une définition commune, qui n'entre pas dans les détails de l'histoire. Elle a pour elle d'exposer l'essentiel : « On appelle “Cathares” (du grec ancien καθαρός / katharós, « pur ») les adeptes d'un mouvement religieux dualiste chrétien médiéval. Le nom a été donné par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'Église catholique et adopté tardivement par les historiens. “Communauté à deux niveaux”, les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes “Bons Hommes”, “Bonnes Dames” ou “Bons Chrétiens”. »
Dans toute la région visitée, ce n'était qu'une succession de panneaux manifestant la soi-disante appartenance de cette région à ce mouvement religieux. Dans la superbe cité médiévale de Carcassonne, lors de la visite, le catholicisme était mis en cause directement parce qu'il avait osé combattre cette hérésie, oubliant au passage l'aspect politique du problème. Sans intervention du pouvoir temporel, c'est la société elle-même qui disparaissait.
C'est alors que je me suis demandé si, ici, notre fameuse et très prégnante République laïque n'avait pas abdiqué les prétentions et la philosophie religieuse (soi-disant « neutre ») qu'elle impose dans le reste du pays ? Et c'est ici que je me suis demandé également ce que faisait la Halde, ce service de l'inquisition laïcard. Car, après tout, n'ai-je pas été agressé pendant ce séjour dans mon honneur de catholique et de Français ?

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6 commentaires

Par Dumas, le

nous avons vécu nous aussi cette expérience, avec un mélange d'irritation croissante puis de colère. Nous avons même eu droit à des commentaires agressifs et parfaitement injustifiés contre le catholicisme. Depuis, nous évitons la région, pourtant fort belle.

Par Claude Bourrinet, le

Le 6 novembre 2008, la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) a publié un rapport sur la représentation des « stéréotypes » dans les manuels scolaires.
L’étude porte en effet sur les discriminations qui sont censées s’y trouver au sujet de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’origine, du handicap, de l’orientation sexuelle et de l’âge. Elle est l’aboutissement d’une enquête qui ressemble étonnamment à une démarche inquisitoriale. Il ne manque guère que la torture (cela viendra peut-être…).
Passons sur le procédé malhonnête, stalinien (ou ecclésiastique ?), assez fréquent dans l’enquête, qui consiste à citer un exemple particulièrement caricatural (comme des exercices citant Ali Baba et les quarante voleurs) destiné à représenter tout le reste. Naïveté des inquisiteurs ! Ils utilisent le même travers qu’ils disent combattre, à savoir la surévaluation d’un donné instituant un genre. De même, la prise en considération de témoignages à charge d’enseignants au détriment d’opinions contraire, qui ne sont pas prises en considération, du moins qui n’apparaissent pas dans le rapport.
Il ressort donc que femmes, handicapés, « seniors », orientations sexuelles ne sont pas présentés de façon positive.
Remarquons que l’étude a été menée par des chercheurs de l’université Paul Verlaine de Metz. On ne saurait trop insister sur ce passage obligé par la case « scientifique » dans la pratique moderne de la propagande. Il n’est pas d’arraisonnement idéologique, maintenant, qui ne s’appuie sur des prétendues recherches, ou tests, que cautionnent des instances « au-dessus de tout soupçon ». Ainsi de la fameuse question de la fessée, des comparaisons fumeuses entre systèmes éducatifs de nations aussi différentes que la Finlande et la France…
Plus étrange, si l’on apprécie honnêtement et lucidement le manque de sérieux de la HALDE, est la présence d’institutions plus ou moins officielles, qui semble lui donner du poids et qui ne manque pas de susciter des interrogations. Ainsi trouve-t-on un groupe de pilotage avec participation du Ministère de l’Education nationale, du syndicat national des éditeurs, de la Délégation ministérielle de la famille, de l’Agence nationale de la cohésion sociale et de légalité des chances, de la Direction de l’accueil, de l’intégration et de la citoyenneté, du Centre national de la documentation pédagogique, du Collectif Education contre les LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans)phobies, du service des droits de la femme et de l’égalité (SDFE) et de la Ligue des droits de l’homme. Ce catalogue d’un Prévert inspiré par 1984 ne manque pas d’inquiéter, d’autant plus que des « recommandations » sont adressées au Ministère de l’Education nationale et aux éditeurs pour « corriger les stéréotypes repérés et les prévenir ». Lorsque est évoquée aussi l’hypothèse d’une « formation » spécifique pour les enseignants, on voit poindre l’idée d’une « rééducation ». Quant aux éditeurs, la leçon est sans ambiguïté : il s’agit de ne pas oublier que la discrimination est un délit grave puni par la loi. La menace est claire !
Que reproche au juste la HALDE aux manuels scolaires ?
Citons quelques critiques : les hommes sont plus représentés que les femmes, et différemment. Par exemple, plus d’un homme sur quatre se trouvent en position supérieure. En Histoire, les femmes sont surtout figurées en « icônes », emblèmes, allégories, ou « femmes de », « mères de.. ». En littérature, moins de 10% de femmes sont citées parmi les auteurs.
Pour ce qui est de l’image des étrangers, notamment du tiers-monde, on montre surtout la misère, le sous-développement, la faim. La « dévalorisation » vaut aussi pour les handicapés, les « seniors » etc., tandis qu’on fait l’impasse sur les « orientation sexuelles ».

UNE NOUVELLE RELIGION TOTALITAIRE

Que la réalité soit, et fut ce qu’elle est, ce qu’elle a toujours été, tragique, inconfortable, peut-être injuste, inégalitaire, que les acteurs de l’Histoire, les écrivains, et créateurs, aient surtout été des hommes, que la question de l’âge, de l’ « orientation sexuelle », du handicap n’ait été, somme toute, qu’un épiphénomène, à peine digne d’être pris en considération par rapport à l’essentiel, par rapport à la vérité historique, quoi de plus normal ? Faudrait-il reforger l’Histoire, la forcer, la tordre, mentir ?
La HALDE est en passe de devenir l’instance ecclésiale qui détient en France la clé du salut. Sa voix définit la ligne directrice de cette religion qu’on appelle « correction politique », laquelle nous vient des Etats-Unis. Elle a ce ton sacerdotal qui tombe de haut, cette onction suave et menaçante qui rassérène certains et en inquiète d’autres, cet accent épiscopal qui insiste sur les choix et coupe net les dérives funestes. Derrière la rhétorique didactique gratouille déjà la titillation inquisitoriale.
Bien sûr, il serait naïf de croire que les sociétés, les civilisations qui ont fleuri dans ce vaste champ de souffrance et de sang que constitue l’Histoire aient poussé l’objectivité scientifique jusqu’à prendre l’exacte mesure des réalités historiques qui excédaient leur imagination, leurs besoins, leurs fantasmes, ou tout simplement, qui n’entraient pas dans leur outillage conceptuel. Nous n’en sommes plus à l’heureuse époque du positivisme militant qui avançait naïvement qu’il suffisait d’amonceler un nombre suffisant de documents dûment pesés pour reconstituer une vision adéquate du passé. Les historiens savent que les réponses que nous octroie le Temps dépendent des questions qu’on lui pose, ces dernières relevant de ce que nous sommes.
Ce qui ne signifie pas qu’on puisse dire n’importe quoi. Car la rationalité occidentale, quand bien même elle présenterait certaines déficiences, et des limites certaines, surtout si elle verse dans le plus stérilisant rationalisme, apparaît encore nécessaire, si l’on veut éviter les niaiseries les plus grotesques (comme de chercher parmi les écrivains 50 % de femmes ou d’homosexuels !), les anachronismes, et surtout cette solide véracité des faits, qui seule peut entraîner l’adhésion chez des esprits bien intentionnés. A condition bien entendu d’être honnête, d’abstraire l’essentiel de l’anecdote, de délimiter le champ de recherche, de s’appuyer sur des données objectives etc. Tout ce que la pensée européenne, depuis Platon et Aristote, a élaboré aboutit à cette rigueur qui tente d’abolir, ou du moins d’éloigner, les torsions que le sujet impose à la pensée et à la recherche.
Il n’empêche que toute époque possède ses mythes. Michelet élabora, dans sa vaste enquête sur la France, celui du peuple. Les marxistes celui du prolétariat, avec ses martyrs, ses saints etc. Le scientisme eut ses héros, Archimède, Léonard, Montgolfier, Pasteur… Il s’agissait là de choix pour ainsi dire existentiels, car tout système socio-politique ne peut asseoir son être, combattre la déchéance mortelle que l’Histoire brandit comme une épée de Damoclès, espérer et prospérer, que si son imaginaire et son cœur sont nourris d’archétypes et de leitmotivs qui donnent un sens à la vie et à la mort.
On poussera alors la complaisance, la tolérance, l’ouverture jusqu’à reconnaître dans les propositions de la HALDE l’expression légitime (dans un sens historique), motivée politiquement, d’une société donnée à un moment déterminé. Cette société, c’est la nôtre, ou plutôt, celle qui nous est imposée. Quel est son horizon, que représente-t-elle ? Quel est son mythe ?
L’utopie actuelle exige un monde pacifié, un monde où les différenciations ne soient plus que de surface, ne concernent plus que des choix liés aux goûts ou, si la nature instille de trop fortes disparités, au sujet des origines, des forces de chacun, des accidents de la vie, que ces dissemblances soient gommées ou neutralisées, dédramatisées. Comme dans Le Meilleur des Mondes, d’Aldous Huxley, on voudrait instaurer une société propre, clean, consensuelle, heureuse et harmonieuse, positive, un univers étouffant, totalitaire, anesthésiant, d’où le Sauvage serait banni, la tragédie, la souffrance, la cruauté, et… l’humour.
Ce monde existe, c’est celui de Disneyland. Big Brother arbore la gueule hilare d’une souris fraternelle et joviale.
La solution est donc toute trouvée, qu’on ne manquera pas, dans un esprit responsable et citoyen, de proposer à la HALDE : il faut confier la « gouvernance » du monde aux studios Walt Disney !

Par free, le

Résidant à Béziers, je peux donc revendiquer comme habitant le "pays cathare".
Précisons donc qu'il s'agit d'une formule vulgairement commerciale (idem pour les châteaux "cathares") destinée à attirer le regard du touriste.
De plus, nous pouvons voir sur l'autoroute après Narbonne (en allant vers Toulouse) des effigies grotesques sensées représenter les "chevaliers cathares" (ou, je dirais, "comment prendre les touristes pour des idiots").
Enfin, je me permettrais d'inclure une lettre personnelle envoyée récemment à un hebdomadaire suite à une rubrique titrée : "Les cathares des martyrs chrétiens ?"

Il faut bien préciser que les touristes visitant le Pays dit "Cathare", découvrent une contrée où circulent de nombreuses légendes et informations bien souvent erronées ou très discutées par les historiens.
De plus, une revue régionale (destinée au tourisme) se vend en ce moment avec le titre bien pensant de "la croisade contre la foi". Alors foi ou hérésie ?
Si, dans le sens religieux, la foi se réfère à une confiance totale envers un Dieu qui a envoyé son Fils parmi les hommes afin qu'ils soient sauvés, il est donc impropre de parler de foi chrétienne chez les cathares. En effet, ces derniers ne croyaient pas en un seul Dieu (conformément au Credo), mais en un antagonisme entre un dieu du bien (qui crée l'esprit) et un dieu du mal, c'est à dire Satan, dont l'homme, tout comme le monde terrestre, sont les fruits. Ainsi, Jésus ne pouvait pas être un homme, mais un "ange" qui n'a pu connaître la Passion (il est faux de parler de "croix cathares") ni la Résurrection.
Certes il est vrai que l'Eglise, ayant manqué à son devoir de pauvreté et d'humilité, a eu sa part de responsabilité dans l'expansion de cette hérésie, que l'on peut bien traiter comme un drame dans son histoire. Mais il faut soutenir que les cathares pratiquaient des formes d'abstinences et de mortifications (comme les privations de nourriture jusqu'à l'anorexie, ou de soin face à la maladie…) que l'Eglise ne pouvait que réprouver. Sans oublier le refus de toute procréation.
Concernant la croisade, bien entendu le catharisme semait le trouble au cœur de l'Eglise de Rome ; et le Pape Innocent III ne pouvait qu'espérer la contribution du pouvoir Capétien afin de contrer l'hérésie. C'est l'assassinat du légat pontifical Pierre de Castelnau qui précipita les choses. Précisons toutefois que lorsque les armées du nord se lancèrent vers le sud, c'était davantage pour mettre la main sur le puissant Comté de Toulouse (porte ouverte sur la Méditerranée) que pour lutter contre une hérésie (dont de satisfaire le pape). Dans cette Croisade, il est vrai que des massacres de population furent à déplorer (comme à Béziers ou à Lavaur), mais le plus souvent (comme à Minerve ou à Montségur) il s'agissait de suicide collectif … les cathares ne souhaitant qu'échapper au monde terrestre. Enfin, il est bon ton de rendre hommage aux frères prêcheurs, dont saint Dominique, qui auront réussi (sans armes ni violence) à ramener vers la vrai foi chrétienne de nombreuses personnes tombées dans l'hérésie de cette SECTE.

Par Castille, le

Ah le doux mot de "victimes". Quoi donc serions-nous sans lui?

Par Nobru, le

J'y preuve surtout la preuve que, l'Eglise et le roi de France n'ayant pu éradiquer tous les cathares ou supposés tels, il est heureusement resté des témoins pour perpétuer la mémoire des victimes… Et qu'il est impossible d'assassiner un peuple tout entier. C'est plutôt rassurant…

Par Castille, le

La laïcité est le cheval de Troie de l'athéisme, dans la société, son masque. Un athéisme acide, corrosif qui a pour unique cible le catholicisme, pour y avoir reconnu LA religion. (Entendre celle qui vénère la Mère de Dieu, ennemie jurée de la bête, leur inspirateur).
Seul le catholicisme refuse toute passerelle entre lui et l'hérésie. De Maistre dirait que la vérité est intolérante par sa nature. Or n'est-ce pas ce que nous enseigne le Fils du Père, Dieu lui-même:" Je suis la Vérité".

Dès lors on comprend que profitant de la trop tôt célébrée victoire de l'erreur dans la société actuelle, certains affichent, avec une fierté digne d'un Lacombe Lucien, leur goût pour l'inversé.

Dieu n'a pas vocation à perdre. On a jamais vu ça. En gardant notre lampe allumée, je vous propose de vous munir d'une chaise pliante de vous installer au premier rang de la pelouse pour contempler la prochaine chute de ces petites forteresses du mal.

.........Mais ceux qui aiment Dieu ont quand du pain sur la planche. Il vaut mieux le savoir. Bon après-midi.