L’odieuse réforme du congé parental

Rédigé par Jean-Michel Beaussant le dans Politique/Société

L’odieuse réforme du congé parental

À partir du 1er juillet 2014, les parents d’un seul enfant, qui ont aujourd’hui droit à six mois de congé, pourront prendre six mois de plus, à condition que ce soit le « second parent » qui en bénéficie. À partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois ans à condition que six mois soient pris par le second parent, sinon elle sera raccourcie à deux ans et demi. Faisant perdre ainsi, sous forme de sanction, six mois de droits à la famille !

Sous l'inspiration de l'idéologie du Genre

Inspirée plus ou moins directement de l’idéologie du Genre, la mesure phare du projet de loi Vallaud-Belkacem sur l’égalité des femmes et des hommes est cette réforme du congé parental, destinée à inciter davantage de pères à le prendre. Et les jeunes mères à retravailler plus tôt… ainsi qu’une politique dénaturée de la famille les pousse aujourd’hui toujours plus aux travaux forcés en dehors de leur foyer. Sous couvert de parité, il s’agit paradoxalement, comme avec le « mariage » gay, de dénier l’altérité spécifique du couple (homme-femme, père-mère) là où elles s’imposent absolument, écologiquement (naturellement et non pas artificiellement) : dans la cellule de base de la société !

« Parce qu’on considère, au nom de l’égalité, que le père et la mère sont interchangeables. Ce qui est une pure méchanceté vis-à-vis des mères, et plus encore des bébés. Car pour un bébé, la mère ou le père, ce n’est pas du tout la même chose, et l’on n’a pas encore vu un père continuer à nourrir son enfant au sein », commente Yves Daoudal sur son blogue.

Une manipulation historique

Mais le ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, comme sa collègue Christiane Taubira, n’a que faire de la nature. Elle se moque de savoir s’il est bon pour un bébé d’être nourri au sein et d’avoir sa mère près de lui. « Nous ne sommes pas là pour mener la guerre des sexes : nous avons la responsabilité historique d’accélérer sur notre route vers l’égalité », avait-elle annoncé pompeusement, toute imbue de son texte coercitif et liberticide.

Avec cette réforme du congé parental (actuellement pris à 97 % par les femmes), le gouvernement veut donc soi-disant s’attaquer à « l’inégale répartition des responsabilités parentales » et lutter contre l’éloignement des mères du marché du travail. Comprenez : contre le rapprochement de ses enfants et de son foyer. Il escompte que le nombre d’hommes en congé parental passera de 18 000 actuellement à 100 000 d’ici la fin du quinquennat. On l’estime actuellement à trois pères sur mille…

Vous avez dit « pensée unique » ?

Plutôt que d’obliger les pères à prendre ainsi un congé (au détriment le plus souvent de leur situation professionnelle), ne vaudrait-il pas mieux inciter les employeurs à prendre en compte la situation des parents, aussi bien pour les mères que pour les pères, ont fait valoir les associations familiales. Tandis que la droite courbe votait contre ce texte. Opposition de façade quand on se rappelle que la même mesure était annoncée et prévue par Roselyne Bachelot fin 2011. Et Nadine Morano (secrétaire ­d’État chargée de la Famille de Sarkozy) s’était opposée à un projet du Parlement européen pour rallonger le congé maternité au profit de la mère (à 18 ou à 20 semaines), choisissant notamment d’ignorer la recommandation internationale d’un allaitement important. Par bêtise ou méchanceté idéologique ? Vous avez dit « pensée unique » ?

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